Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026

Publié le par anonyme

Notre comité du Mouvement de la Paix était partie prenante de cet événement organisé pour la 1ère fois à Tulle à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme ; pour une première, l'assistance a répondu présente avec une cinquantaine de participants. La cérémonie devant l'arbre de la paix marquait également l'attachement aux valeurs de Paix indissociable des luttes pour les droits des femmes.

 

rassemblement et prises de parole, pour la journée internationale des Droits des Femmes,  place Albert Faucher à Tulle,  devant l'arbre de la Paix
Centre d'Analyse des Mouvements Populaires : Nicolas Marlin
PRCF 19 : Nathalie Sage - Pranchère
Mouvement de la Paix de la Corrèze :Henri Vacher
Ami.e.s de Martha Desrumaux :Odile Trecanni
PCF 19 : Stéphanie Chassing
UL CGT Tulle : Kevin Jonchère
 

Publicité
Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026
Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026
Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026
Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026
Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026
Tulle, la rebelle ! 8 mars 2026

8 mars intervention du Mouvement de la Paix

 

Pourquoi le 8 mars , pourquoi le Mouvement de la paix ?

Dès l’origine, les femmes qui ont porté l’idée d’une journée internationale pour le droit des femmes ont également porté les valeurs de paix.

Face à la montée des nationalismes, Clara Zetkin, Alexandra Kollontaï ou Rosa Luxembourg , pour citer trois des plues connues, étaient du camp de la Paix et se sont indignées face à l’entrée dans la 1ère guerre mondiale de leurs Pays.

Le choix symbolique du 8 mars permet de rappeler que ce jour là, en 1917, ce sont des femmes qui ont mené les revendications contre la guerre et la vie chère, à Pétrograd, prélude aux deux révolutions russes.

Ainsi, on ne peut dissocier les liens entre les luttes des femmes et l’engagement pour la paix.

Trop longtemps, les femmes ont été été invisibilisées , aussi bien au niveau historique, qu’au quotidien ; c’est le sens de notre rassemblement à Tulle le 8 mars ; et

parmi , les femmes, celles dites du peuple encore plus, c’est aussi cela que le Mouvement de la paix veut rappeler : la culture de Paix ne peut se réaliser qu’en combinant la promotion des politiques d’égalité Hommes – Femmes ; la culture de Paix ne peut être établie sur les bases d’une société patriarcale et machiste.

 

Nous voulons la culture de Paix, nous voulons l’égalité : et cette égalité ne doit pas seulement être de façade ou sur le papier , elle doit être présente dans chaque foyer, dans chaque entreprise ; pour aboutir à la culture de Paix, il faut qu’au quotidien , en public et dans la sphère privé, on n’accepte pas les comportements patriarcaux ou sexistes.

Il ne doit pas y avoir de discrimination fondé sur le genre ; Vive l’égalité Homme/Femme,

vive les droits des Femmes, vive la Paix !

Publicité

intervention PRCF

« L’émancipation des femmes est la mesure principale des progrès de la civilisation », écrivait Marx.
Partout où le capitalisme et l’impérialisme agissent au prétendu nom de la démocratie et du droit des peuples, la condition des femmes recule. Ayons à l’esprit les femmes afghanes dont l’existence sociale est annihilée depuis que les États-Unis, après avoir détruit le pays et imposé un gouvernement fantoche, les a abandonnées aux mains des talibans soi-disant repentis. Pensons aux femmes yézidies, victimes collatérales des catastrophiques interventions américaines en Irak et de la montée des islamismes qui en ont découlé. Pensons aux 165 fillettes iraniennes, sacrifiées dans leur école à l’orée de l’attaque israélo-américaine sur l’Iran.
Partout où le capitalisme sévit, la condition des femmes est un champ perpétuel de régressions et d’avancées acquises au prix de luttes constantes et sans cesse remises en question.
La journée internationale des droits des femmes est née de la volonté révolutionnaire d’un changement global de société et de l’abolition du capitalisme. Elle est voulue dès l’origine par les militantes de l’Internationale socialiste des femmes qui en décident la création lors du congrès de Copenhague en 1910, à l’initiative de Clara Zetkin, Luise Zietz et Alexandra Kollontaï. Cette journée de lutte est saisie par les ouvrières de Saint-Pétersbourg en février 1917 pour se soulever contre l’oppression tsariste et donner le coup d’envoi de la première révolution russe de février. C’est en leur hommage que la Russie soviétique fait du 8 mars (selon notre calendrier grégorien) la Journée internationale des femmes en 1921, avant que cette date ne soit largement reprise par les mouvements révolutionnaires et féministes.
Le XXe siècle des luttes féminines, ouvrières et communistes fut un siècle de conquêtes des droits des femmes. Droits politiques et individuels avec le vote, la libre gestion de leurs biens et de leurs revenus, la liberté de décider seules de travailler. Droits syndicaux avec la création de droits propres aux femmes en fonction de la pénibilité des postes de travail et avec la prise en compte pour la retraite de l’impact des maternités sur les carrières. Droits imprescriptibles à disposer de leur corps avec la contraception, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse, la possibilité de devenir mère sans risquer sa vie. Chacune de ces victoires marque un recul de l’exploitation capitaliste et patriarcale. Chacune de ces victoires a été permise par l’engagement de femmes et d’hommes dans les luttes du quotidien, comme dans celles des grandes mobilisations qui ont soulevé toute la nation, lors du Front populaire, de la Résistance, de mai 1968 ou de l’hiver 1995.
Mais aujourd’hui, des combats restent à mener, pour faire progresser ces droits et défendre ceux qui sont attaqués par les contre-réformes néolibérales promues par les gouvernements français successifs en s’appuyant sur les recommandations pressantes de l’Union européenne, qu’elles soient contraignantes ou non. L’égalité salariale à tâche et temps de travail égaux est encore à conquérir. La paupérisation des femmes prolétaires, grandes victimes de la destruction des acquis sociaux et de la précarisation de l’emploi (temps partiels, contrats à durée déterminée, métiers des services à la personne), s’accentue inexorablement : 33 % des mères célibataires vivent en dessous du seuil de pauvreté. La remise en cause de la retraite par répartition, au nom de l’équilibre budgétaire imposé par Bruxelles et pour ouvrir grand la porte aux fonds de pensions, touche au premier chef les femmes, moins bien payées, aux carrières incomplètes et hachées par l’éducation des enfants et le chômage.
La vie des femmes est menacée, par les violences physiques et morales qu’elles subissent et contre lesquelles le gouvernement et ses services de police et justice n’agissent pas en conséquence. Elle est menacée par la destruction des services publics de santé et son impact direct sur les populations les plus vulnérables et délaissées : les femmes des départements et régions d’outre-mer, à l’instar des femmes étrangères résidant en France, ont deux plus de risque de mourir de leur maternité que leurs concitoyennes de métropole. La constitutionnalisation de la liberté d’interrompre une grossesse, pour importante qu’elle soit, ne change rien sur le terrain aux difficultés croissantes qu’ont nombre de femmes à obtenir une IVG dans les délais légaux et à proximité de chez elles. L’Union européenne qui se garde bien de porter une politique d’extension de ce droit vient d’ailleurs de refuser la création d’un fonds spécial dédié aux femmes ne pouvant avorter en sécurité dans leur pays.
L’émancipation féminine est donc indissociable de combats politiques et sociaux porteurs d’une émancipation globale ouvrant progressivement la voie à une société d’égalité, libérée des entraves du capitalisme et de l’impérialisme.
Elle l’est aussi du combat pour la paix mondiale menacée de toute part par les va-t-en-guerre impérialistes américains, israéliens et européens. Les grandes militantes féministes révolutionnaires ont été des défenseuses de la paix, de Rosa Luxembourg aux résistantes françaises de la Seconde Guerre mondiale, Danielle Casanova, Madeleine Riffaud, Martha Desrumaux, et en Corrèze, Élise Lescure, Pierrette Arnal, Élise Pranchère, Marie-Louise Petitou et tant d’autres. Aujourd’hui, les femmes de Gaza, de Cuba, du Venezuela, d’Iran sont à leur tour des combattantes de la paix, tout comme le sont celles qui se dressent contre les résurgences actives du fascisme, qu’elles conservent la mémoire des victimes chiliennes de la dictature ou qu’elles refusent la tyrannie de la police anti-immigration de Trump jusqu’à en mourir, comme Renée Good.
Face à la fascisation galopante qui gangrène la France, l’Union européenne et une grande partie de la planète, face aux menaces sur l’existence même de l’humanité, le combat pour l’émancipation des femmes doit être un des axes centraux de la lutte pour un socialisme-communisme de nouvelle génération, qui passe par l’indispensable sortie de l’OTAN, fauteuse de guerre, de l’Union européenne et du capitalisme.
Le combat pour la liberté, la solidarité, la paix et les Lumières continue.
 

intervention UL CGT Tulle

Bonjour à toutes et tous

Je tiens à remercier les représentants d’associations, les représentants de partis politiques présents.

Dans quelque jours, nous fêtons, les 82 ans du Conseil National de la Résistance. C’est il y a 82 ans, le 15 mars 1944, qu’a été adopté à l’unanimité de ses 16 membres le programme du Conseil National de la Résistance.

Le Conseil National de la Résistance présidé par Jean Moulin rassemble les mouvements de résistance, les partis politiques et les syndicats engagés dans le combat pour la libération du pays.

La CGT y a joué un rôle central, à l’image du mouvement ouvrier.

Un tiers des membres du CNR sont des militants syndicaux CGT notamment Louis Saillant, Charles Laurent, Maurice Kriegel-

Valrimont, Louis Saillant, Pierre Villon pour

ne citer qu’eux.

Mais en ce jour du 8 mars, je veux parler des femmes trop souvent oubliées, trop souvent mises au second plan.

Martha Desrumaux, Pierrette Arnal, Madeleine Riffaud, Germaine Tillion, Lucie Aubrac, Berty Albrecht, Genevieve de Gaulle-Anthonioz, Melinée Manouchian, Simonne Mathieu, Rose Valland, Marcelle Henry, Catherine Dior.

Soyons lucides. Une large partie de la population française soutenait le régime de Vichy. Dans cet océan de lâcheté ordinaire, les résistants et résistantes étaient dotés d’une force morale et d’un courage exceptionnel.

En ce lieux historique, il faut mettre fin à la domination du capitalisme, lutter contre l’extrême droite tout comme les résistants et

résistantes par leurs actions ont combattu le

régime de Vichy.

Ils ont été capable, aux heures les plus sombres de l’histoire, de s’unir pour appeler et annoncer des « jours heureux » témoignage d’une immense clairvoyance. Loin de se limiter à l’abrogation des mesures du gouvernement de Vichy, ou de viser à la restauration des réformes du Front populaire.

Je veux dire ici, au nom de toute la CGT, à Jean Moulin a Martha Desrumaux et aux centaines de milliers de résistantes et de résistants, que nous savons ce que nous vous devons. La liberté bien sûr, mais aussi nos droits sociaux. Elles ont été l’« armée de l’ombre », « elles ont réclamé ni la gloire ni les larmes » et leurs exploits n’ont pas été valorisés.

Leur rendre hommage est une mesure de justice mais aussi une nécessité car leur courage et leur clairvoyance est une boussole pour les générations d’aujourd’hui.

 

Cette remise en cause sociale se double d’une déchéance morale. Les digues érigées grâce à la résistance entre les forces républicaines et l’extrême droite sont consciencieusement détruites, et le RN est désormais considéré comme un parti comme les autres. Résultat des attaques contre le programme du CNR et les droits et liberté des femmes, le monde de 2026 ressemble de façon saisissante à celui des années trente : multiplication des conflits armés et extrême droite au pouvoir ou à ses portes, un masculinisme débridé pour remettre les femmes au foyer.

Plutôt Hitler que le front populaire, ce triste slogan semble redevenu d’actualité pour une partie du capital.

Dans ce moment de basculement, où comme

l’écrit Gramsci « le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaitre et dans ce clair-obscur surgissent des monstres », l’expérience du CNR doit nous servir de boussole et nous inspirer, pour mener encore aujourd’hui les luttes pour les droits des femmes.

La résistance est partie d’hommes et de femmes déterminés et souvent militants qui ont eu pour stratégie de s’appuyer sur les problèmes concrets de la population pour créer des solidarités et une défiance au régime de Vichy et aux nazis.

Ainsi, des milliers de personnes qui ne l’auraient jamais imaginé y ont participé à leur échelle à travers de multiples solidarités dans leur quotidien. Partir du quotidien. De la question de la dignité pour ne pas courber la tête. Rassembler par en bas et s’appuyer sur les pratiques et aspirations

démocratiques. C’est de tout cela dont nous

devons nous inspirer.

Et aussi de la grande qualité des résistants et des résistantes. L’optimisme. Pas un optimisme béat ou langue de bois. Mais un optimisme de combat. L’histoire le montre. La clairvoyance et la volonté de quelques-unes et de quelques-uns permet de déplacer des montagnes.

Rien n’est écrit d’avance. L’optimisme est ce qui permet de rassembler, de relever la tête.

Et dans les moments de doute ou de fatigue, pensons aux résistants et aux résistantes. Déportés, elles ont eu le courage de résister jusque dans les camps de concentration, à l’image de Martha Desrumaux, Geneviève de Gaulle Anthonioz et Marie-Claude Vaillant Couturier, qui, à Ravensbruck organisaient des opérations de solidarité et de sabotage.

Aujourd’hui les résistantes et les résistants c’est nous.

La lutte pour les droits des femmes est notre

combat ; hier comme aujourd’hui, ne courbons pas l’échine.

Travailleurs et travailleuses, l’égalité Hommes-Femmes ce sont nos jours heureux !

Publié dans Tulle, 8mars

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article