Les jours heureux, 82 ans après
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Il y a eu 82 ans le 15 mars 2026, les organisations de résistances, les centrales syndicales et les partis ou tendances politiques groupés au sein du Conseil national de la Résistance (CNR), délibérant en assemblée plénière, dans la clandestinité en pleine occupation nazie, s’unissaient sur le programme « Les Jours heureux » qui comportait à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer dès la libération du territoire un ordre social plus juste, afin d’entreprendre la reconstruction de la France sur des bases démocratiques, sociales et solidaires sans attendre que la libération de son territoire soit achevée.
Ainsi, ce programme fondait les progrès sociaux majeurs qui structurent notre « modèle social » : création des institutions salariales financées par répartition que sont la Sécurité Sosiale et les retraites généralisées, renforcement des droits des travailleuses et des travailleurs, nationalisations des industries stratégiques et des banques, accès de toutes les femmes et de tous les hommes aux services publics, notamment à l’Education nationale : le gouvernement de la Libération mandata une commission présidée par le savant Paul Langevin pour rédiger un plan complet de réforme de l’Instruction publique et de l’Education nationale.
Toutes ces mesures faisaient de la justice sociale et de la démocratie économique le socle solide des réformes économiques dont l’effet de long terme serait de garantir la dignité, de protéger les plus fragiles et d’ouvrir à chacune et à chacun l’accès à sa juste part de la richesse produite par le travail.
Que nous enseignent les 82 ans écoulés depuis le 15 mars 1944 ?
Le programme « Les Jours heureux » ne définit en aucune manière ses objectifs comme consistant en une transformation socialiste de l’économie et de la politique de notre pays ; pourtant, ce programme à peine publié, les principaux trusts du grand capital relançaient les partis et formations politiques à leur service au-delà de la défaite militaire que leur valait leur alliance essentielle avec l’empire hitléro-mussolinien vaincu les huit et neuf mai 1945 ; ils mobilisaient en même temps leurs homologues britanniques et états-uniens pour l’objectif de fermer la perspective de transformation socialiste de la France qu’ils croyaient devoir être ouverte par la mise en œuvre du programme du CNR.
Le plus important chapitre de ce programme tombé sous les coups de la réaction occidentale fut le projet de réforme en profondeur de notre système d’instruction publique et d’éducation nationale : le « plan Langevin-Wallon », qui définissait complètement ce projet, ne put être remis au gouvernement avant que celui-ci, cédant au chantage du gouvernement US, n’ait évincé les ministres communistes et hauts cadres politiques, en échange de l’intégration de notre pays parmi les « bénéficiaires » du « Plan Marschall » : le gouvernement français n’a jamais réalisé le moindre commencement de mise en œuvre du ‘Plan Langevin-Wallon » ; de plus, le premier haut commissaire à l’énergie atomique, Frédéric Joliot-Curie, fut une des victimes directes de cette éviction, ce qui permit aux gouvernements successifs de la quatrième République de préparer les conditions industrielles de la production de la « Bombe atomique », ce qui permit ensuite au Général De Gaulle de décider de sa mise en production réelle.
En somme, nous avons vécu quatre-vingt-deux ans de détournement par les gouvernements réactionnaires de notre pays des énergies libérées par l’élan donné à la Résistance par la victoire de 1944-45, et de confiscation des moyens dont notre peuple aurait dû bénéficier au profit de l’accumulation capitaliste des profits produits par le travail.
Cette victoire de la réaction capitaliste sur la Résistance populaire de notre pays crée des problèmes que nous devons résoudre : c’est pourquoi nous proposons à nos partenaires d’organiser ensemble, courant mai, un ou plusieurs événements consacrés à définir les moyens à mettre en œuvre pour ne pas céder à cette défaite.
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Que vivent les jours heureux, le 16 mars 2026
signataires : Collectif Maquis de Corrèze Association Républicaine des Anciens Combattants Corrèze Comité ANACR du plateau des étangs Comité de la Corrèze du Mouvement de la Paix Union Locale CGT Tulle Centre d’Analyse des Mouvements Populaires |