Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire_Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016

Publié le par anonyme

Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire

Depuis 1998, le Mouvement de la Paix 19 se rend à Magali Plage ( Liourdres), sur la rive droite de la rivière Espérance, pour commémorer dans le recueillement, les anniversaires des bombardements nucléaires sur Hiroshima ( 6 août 1945) et Nagasaki ( 9 août 1945). cette année encore, avec 71 bougies, à la mode japonaise, un hommage aux centaines de milliers de victimes civiles a été rendu. Mais cet hommage prend une autre dimension avec la lecture des derniers Hibakushas ( survivants). Cet appel émouvant a été lancé aux dirigeants et aux peuples du monde pour l'abandon de l'arme atomique et la destruction des énormes stocks d'ogives nucléaires, capables de détruire la planète, destruction progressive et étroitement contrôlée. Adhérents, sympathisants ( dont plusieurs membres de l'ARAC 19) mais aussi touristes du camping, ont répondu présents.

Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire_Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016
Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire_Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016
Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire_Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016
Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire_Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016
Hiroshima, Nagasaki : 71ème anniversaire_Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016

Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016

Cérémonie des Bougies de Liourdres -2016

Intervention de Christiane Combe, co-présidente du Mouvement de la Paix 19

Cela fait maintenant 18 ans que nous nous retrouvons ici, à l'occasion de ce triste anniversaire des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. Les rares survivants – les « Hibakusha » - racontent : « en un instant, des milliers de gens ont été tués ou blessés, sans discrimination. Les cadavres carbonisés, les corps dont la peau partait en lambeaux, les longues files de gens errant en silence furent une vision de l'enfer. Ceux qui avaient échappé de peu à la mort s'effondraient les uns après les autres. » Et ils poursuivent : « Depuis, pendant plus de 70 ans, nous avons lutté pour survivre, dans les maladies créées par les effets à long terme, et la peur déventuelles conséquences des radiations sur nos enfants et petits-enfants. A partir de cette période, nous n'avons jamais cessé de faire appel au monde entier pour qu'il n'y ait plus jamais d'hibakusha. »

Or, que se passe-t-il ?

Nos enfants, comme les adultes, tous, nous sommes soumis à un endoctrinement des gouvernements et des médias qui prétendent que la dissuasion nucléaire est nécessaire. Neuf pays possèdent aujourd'hui l'arme nucléaire : les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne, Israël, Le Pakistan, l'Inde, la Corée du Nord. Pouvons-nous assurer qu'aucun chef de gouvernement ne trouvera un jour un bon prétexte pour utiliser la bombe ? Nous savons bien que non. Aujourd'hui, chaque bombe équivaut à 1000 fois Hiroshima et Nagasaki. Aucun scientifique ne s'aventure à décrire les effets d'une explosion. Mieux, lors de la dernière conférence internationale, à Vienne, en Autriche, en décembre 2014, ces scientifiques (des médecins, des météorologues, des physiciens, des juristes) disent : « aucune institution, nationale ou internationale, ne serait en mesure aujourd'hui, de faire face à l'explosion d'une arme atomique. »

Alors, oui, ne cédons pas à l'endoctrinement des gouvernements et des médias. Exigeons, avec les Hibakusha japonais, que « les gouvernements de tous les pays concluent un traité qui interdise et élimine les armes nucléaires. » Notre Comité de la Corrèze ajoute même : « Rien n'interdit à la France de rejoindre dès aujourd'hui les 12 Etats qui ont renoncé à l'arme atomique et les 115 pays qui sont membres de zones exemptes d'armes nucléaires. »

Le Mouvement de la Paix rappelle également qu'il faut enseigner qu'une autre culture est possible, une culture de paix. Nous informer, critiquer les informations, réfléchir, mettre en œuvre la raison, voilà ce qu'il faut que nous prenions l'habitude de faire, y compris quand il est question de sécurité.

Le Mouvement de la Paix l'affirme haut et fort : « la culture de la paix et de la non-violence basée sur la réalisation de tous les droits humains est la seule solution pour accroître notre sécurité. » D'ailleurs, les derniers attentats prouvent que l'argument : « la bombe atomique est nécessaire » est un mensonge pur et simple, et par conséquent l'argent public qui lui est consacré l'est en pure perte.

Le 28 janvier dernier, le Mouvement de la Paix revenait dans un communiqué sur la nécessité d'investissements civils et de contrôle des productions et ventes d'armes : « Pour la paix, la France a besoin d'une industrie fabriquant des produits utiles pour satisfaire les besoins de l'humanité, d’autant que les investissements civils produisent plus d’emplois que les investissements militaires. La France a besoin d'une politique de reconquête industrielle pour répondre aux multiples besoins humains et environnementaux qui se font jour, en France et dans le monde, tout en replaçant les productions d’armes dans un pôle public contrôlé par le parlement, de manière à exclure toute participation de la France au commerce des armes.

La sécurité du pays ne peut pas être basée sur des rapports de force militaire. La sécurité de notre pays et du monde doit être basée sur l'intervention des peuples, de leurs organisations représentatives, syndicales et associatives, avec des politiques économiques et sociales axées sur les besoins humains. Ainsi, grâce à une répartition équitable des ressources et des richesses, des coopérations économiques, sociales et culturelles peuvent être mises en œuvre. Ces coopérations favoriseraient le développement, la création d'emplois ainsi que la solidarité et la compréhension entre les peuples et donc la paix. »

Et le communiqué du 28 janvier se termine par le constat suivant : « C’est ce choix (la répartition des richesses, les coopérations) qu’affirment dans une déclaration les 33 Etats du CELAC (Coordination des Etats Latino-Américains et des Caraïbes). Pourquoi pas la France ? »

Voilà en tous cas quelques éléments de réflexion à méditer, quelques idées à faire progresser, à contre-courant. « C'est faire confiance à la vie que se mesurer avec l'impossible », écrivait l'écrivain roumain Panaït Istrati.

Liourdres, le 6 août 2016

Publié dans hiroshima, corrèze

Commenter cet article